La sécurité lors des déplacements urbains nécessite deux typologies d'anticipation. L'une matérielle, pour absorber l'impact (passive), l'autre comportementale, pour l'éviter (active). Un pilote chevronné ne laisse jamais ces paramètres au hasard.
I. L'Équipement de Protection Individuelle
Même si la loi ne l'impose pas nécessairement aux adultes en agglomération, le port du casque est statistiquement le facteur de survie numéro un lors d'une chute. Nous préconisons en outre des gants renforcés (l'abrasion des paumes étant la blessure la plus fréquente), un éclairage d'appoint apposé sur le corps (gilet réfléchissant ou brassard LED) pour contrer le fait qu'une trottinette ne possède qu'une signature visuelle très basse (éclairage près du sol).
L'anticipation visuelle vous sauve de l'obstacle; l'équipement vous sauve une fois l'obstacle inévitable.
II. Répartition du Freinage
Contrairement à un vélo, le centre de gravité sur une trottinette est haut et orienté violemment vers l'avant lors du freinage (transfert de masse). Un freinage brutal sur la roue avant verrouillée entraînera irrémédiablement un blocage, la perte directionnelle et la chute par-dessus le guidon ("soleil"). Lors d'un freinage appuyé, décalez votre bassin au-dessus de la roue arrière, bras tendus, et privilégiez le frein arrière couplé au frein moteur.
III. La Lecture Cognitive de l'Environnement
L'un des risques majeurs de la petite roue (8 à 10 pouces) est l'hypersensibilité aux irrégularités du sol. Les rails de tramway, plaques d'égout lisses sous la pluie, ou nids de poule masqués par les feuilles mortes. Gardez votre regard non pas devant votre roue, mais à 15 mètres devant vous pour déchiffrer la topologie de la chaussée et ajuster votre direction avec fluidité plutôt qu'en réaction d'urgence.